Samstag, 9. Dezember 2017

[Clea] Soirée de solidarité avec le réfugié politique Erdal Gökoglu, incarcéré à Lantin, et...

Un prisonnier politique en Belgique

Soirée de solidarité avec le réfugié politique Erdal Gökoglu, récemment incarcéré à Lantin, et concert du mythique groupe Yorum ce vendredi 8 décembre à l'université de Liège, 19 h., Salle Lumière.Soyons nombreux !
Erdal_Gokoglu

Victime de tortures effroyables dans les prisons turques durant les années 90 et 2000 (il a été retrouvé inconscient parmi un amas de cadavres de détenus battus à mort dans les douches de la prison d’Uucanlar à Ankara), Erdal Gökoglu s’installe en Belgique en 2002 où il introduit une demande d’asile.

Le 17 juin 2004, lors d’une conférence d’Erdogan à l’université «Erasmus» de Rotterdam aux Pays-Bas, il reconnaît parmi les gardes du corps du premier ministre Erdogan, un certain Maksut Karal, comme l’un de ses tortionnaires. Ce dernier aurait participé aux séances de tortures contre Erdal Gökoglu, notamment au moyen d’électrodes accrochées à ses organes génitales.

En 2007, il est régularisé en Belgique et médicalement suivi en raison des sévices qu’il a subies en Turquie.

En 2016, il est arrêté en Pologne au moment où il s’y trouvait pour assister à un mariage. Son arrestation était motivée par une demande d’extradition introduite par le régime d’Ankara via Interpol.

Face à une tentative d’extradition d’Erdal Gökoglu depuis la Pologne vers la Turquie, la Belgique défendit «son» réfugié et plaida pour son rapatriement.
Il est libéré par la justice polonaise après plus de deux mois d’incarcération.

Mais le 13 novembre 2017, la police de Liège le fait arrêter sur base d’un mandat d’arrêt européen. Cette fois, il est demandé par la justice allemande pour ses liens avec une organisation révolutionnaire turque.

Les faits reprochés par l’Allemagne contre Erdal Gökoglu sont sa participation à la création d’une association culturelle à Hambourg, à l’organisation de concerts du groupe musical Yorum et son témoignage à l’université de Berlin sur les tortures qu’il a subies en Turquie.

Bien que ses activités relèvent de la liberté d’expression et ne constituent nullement une menace, en Allemagne elles sont considérées comme une aide matérielle à une organisation terroriste en vertu de l’article 129a et prouveraient son rôle de «dirigeant» au sein de celle-ci.

Cette fois, la Belgique rechigne à défendre son réfugié en raison de la relation de confiance qu’elle entretient avec l’Allemagne.

Le 28 novembre dernier, le procureur liégeois a pourtant reconnu que les charges retenues contre lui n’étaient pas illégales en Belgique (principe de la double incrimination).

Et pourtant, le lendemain, le juge a décidé de livrer Erdal Gökoglu à l’Allemagne en arguant que ses homologues allemands disposaient «peut-être» de preuves que l’on ignore. Ainsi donc, la justice belge exécute les ordres d’un pays étranger sans même estimer nécessaire la fourniture de preuves contre la personne incriminée, réfugiée politique dans son territoire.

Puisque l’activisme d’Erdal Gökoglu est parfaitement légal en Belgique, nous appelons les responsables politiques et judiciaires belges à protéger ce réfugié de la justice allemande qui châtie de manière féroce au moyen de longues années de prison en isolement les opposants dont les opinions ne sont pas conformes à ses standards politiques (classification arbitraire et changeante d'une organisation de résistance comme terroriste ou non).

Erdal Gökoglu a souffert de longues séances de tortures dans les prisons turques. Plusieurs balles ont traversé son corps. Après avoir été alimenté de force au cours d’une longue grève de la faim, il a contracté le syndrome de Wernicke-Korsakoff, un trouble nerveux qui lui cause des pertes de mémoire et d’équilibre. Sa place n’est donc pas dans une prison et encore moins dans un cachot de Lantin.

Depuis le 13 novembre, jour de son incarcération, Erdal Gökoglu s’est vu interdit d’écrire des lettres, de lire des livres et de recevoir des visites.

Ces mesures d’exception appliquées en Belgique l’exposent à d’autres mauvais traitements en Allemagne et éventuellement à un renvoi en Turquie qui lui serait  littéralement fatal.

Aujourd’hui, la victime de ce nouveau mandat d’arrêt européen est un réfugié. Demain, ce sera peut-être un Belge dont l’activisme déplaît à un autre pays européen ?

Agissons pour empêcher une terrible injustice !

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