Dienstag, 5. September 2017

[Clea] APPEL À MANIFESTER POUR NURIYE ET SEMIH À BRUXELLES ET À PARTICIPER À LEUR PROCÈS À...


Appel à manifester pour Nuriye et Semih à Bruxelles et
à participer à leur procès à Ankara


Le comité belge pour la levée de l'état d'urgence en Turquie dénonce depuis plusieurs mois les purges menées par Erdogan dans la fonction publique tout en appelant à soutenir Nuriye Gülmen et Semih Özakça, deux enseignants en grève de la faim depuis près de 6 mois pour leur libération et leur réintégration.

Cet été, le comité s'est réuni chaque samedi au centre de Bruxelles (selon les disponibilités, sur la Place de La Monnaie, la Place Saint-Jean ou devant la Gare centrale) pour attirer l'attention de l'opinion sur le combat des deux professeurs turcs.

Nuriye, Semih, leurs amis et avocats jettent leurs dernières forces dans la bataille alors même que le régime a décidé d'interdire toute action de soutien voire toute expression de leur prénom en public.

Le 14 septembre prochain s'ouvre à Ankara le procès des deux enseignants. Ils sont accusés de terrorisme au motif qu'ils ont défié le pouvoir par le biais de leur grève de la faim. Les familles de Nuriye et Semih nous appellent à assister à ce procès à leurs côtés tandis que le comité belge pour la levée de l'état d'urgence en Turquie nous convie à ses actions à Bruxelles.

Nuriye, Semih et toute les forces démocratiques de Turquie ont plus que jamais besoin de notre soutien.


Samedi 2 septembre à 13h. "Déjeuner de travail" à la place Sainte-Catherine pour Nuriye et Semih

Nous parlerons de la campagne de soutien aux  enseignants turcs autour d'un pique-nique au pied de la Tour Noire, sur la place Sainte-Catherine.

Samedi
2 septembre de 15h à 17h, manif hebdomadaire de soutien à Nuriye et Semih sur la Place de la Monnaie

Le caricaturiste belgo-turc Ismail Dogan dessinera des pâquerettes sur le sol, fleur symbolisant le combat des deux professeurs contre les purges.

Jeudi 7 septembre à 10h. Conférence au Press Club Brussels Europe 

Le comité pour la levée de l'état d'urgence en Turquie fera le point sur la lutte de Nuriye et Semih contre les purges et donnera la parole aux membres de la mission d'observation internationale qui se rendra à l'audience du 14 septembre. 

Jeudi 14 septembre à 13h30: Début du procès de Nuriye et Semih

Leurs familles remercient toutes celles et ceux qui ont exprimé leur solidarité avec les deux professeurs tout au long de ce combat difficile et appellent dans une lettre publiée ci-dessous à assister à l'audience du jeudi 14 septembre prochain à Ankara.



Nous vous appelons à ne pas les laisser seuls durant leur procès
Merci de joindre votre voix à notre lutte



Nuriye & Semih


Cher(e)s amies et amis,

Tout d’abord, nous tenons à vous remercier pour votre appui à la lutte légitime de Nuriye et Semih. Nous avons reçu un nombre incalculable de messages de soutien, de vidéos, de photos, de pétitions en leur faveur. Vos efforts illustrent votre solidarité avec les personnes affamées de justice en Turquie. Votre soutien a renforcé la détermination et la combativité de Nuriye et Semih. Il a suscité une attention internationale. Ce soutien les aide à tenir le coup du fond de leur chambre d’hôpital coupée du monde.

Comme vous le savez, la grève de la faim de Nuriye et Semih est une clameur contre l’injustice des purges massives menées par le gouvernement de Turquie et sont rendues possibles par l’état d’urgence.

Les deux enseignants sont entrés en résistance avec l’objectif de réintégrer leur travail. Au 75e jour de leur grève de la faim, ils ont été mis en prison. Pourtant, leur incarcération ne s’appuie sur aucune preuve solide.
L’accusation leur reproche de «constituer une menace au fonctionnement de la justice».

Dès le premier jour de leur incarcération, ils ont subi des mauvais traitements ainsi que de la négligence. Aujourd’hui, les abus systématiques à leur encontre n’ont guère cessé.

Un exemple parmi d’autres : tous les prisonniers ont le droit de prendre et d’envoyer des photos, excepté Nuriye et Semih.

En agissant ainsi, les autorités veulent clairement les faire oublier.

Les avocats de Nuriye et Semih ont introduit une requête pour leur libération auprès de la CEDH, soulignant que «l’incarcération est une mesure inadéquate au vu de leur santé».

Malgré le dernier rapport médical publié par un comité de médecins turcs stipulant que leur état de santé avait atteint un stade critique et leur maintien en prison menaçait leur vie, la CEDH a rejeté la requête le 2 août dernier, affirmant que leur vie n’était pas en danger.

Suite à l’arrêt de la CEDH, le gouvernement turc a enfermé Nuriye et Semih dans des chambres situées dans l’hôpital de la prison où ils sont privés de sortie et même d’un système d’aération.

Au 142e jour de grève de la faim, ils ont été placés dans ces chambres par la force. Nuriye et Semih disent avoir été frappés durant leur transfert.

Leurs parloirs avec leurs avocats et les membres de leurs familles ont été limités ainsi que leur droit de passer des appels téléphoniques.

D’après l’arrêt de la CEDH, la présence d’accompagnateurs est autorisée pour les détenus hospitalisés. En principe, ils ont également le droit d’être examinés par leurs propres médecins.

Toutefois, pendant 17 jours, Nuriye et Semih ont été livrés à eux-mêmes à l’hôpital de la prison. Ils n’ont pu être examinés par leurs propres médecins. Après 17 jours d’une âpre lutte menée par leurs familles et leurs avocats, ils ont eu droit à un accompagnateur/trice.

Quant à leurs médecins, ils ont pu rendre visite à Nuriye et Semih sans pour autant pouvoir les ausculter. Qui plus est, les médecins ont été chargés de les convaincre d’arrêter leur grève de la faim.

Nuriye et Semih sont quotidiennement menacés d’être alimentés de force. Ils sont réveillés à chaque heure en vue de vérifier s’ils sont vivants ou conscients.

La dernière tactique répressive adoptée par le gouvernement a été l’interdiction de prononcer les prénoms Nuriye et Semih en public et durant des manifestations.

Les citoyens usant de leurs droits démocratiques comme celui de manifester ou d’exprimer un soutien en faveur de Nuriye et Semih sont quotidiennement confrontés à la brutalité policière.

Ils sont physiquement attaqués, aspergés d’eau ou de gaz lacrymogène voire la cible de balles en caoutchouc. La police a cassé le bras de trois des manifestants de la rue Yüksel. Ces citoyens luttant avec et pour Nuriye et Semih sont régulièrement détenus et torturés. Certains d’entre eux ont été assignés à résidence. D’autres ont été mis en prison.

Nuriye et Semih ont passé le cap des 160 jours de grève de la faim. Les autorités ont fixé la date de leur procès au 14 septembre 2017.

Nuriye et Semih vous appellent depuis leur mouroir. Nous aussi, vous appelons à ne pas les laisser seuls durant leur procès. Soyez présents à leur audience. Montrons-leur notre soutien. Leur lutte et ce procès constituent une étape importante de l’histoire de la lutte démocratique en Turquie et dans le monde.

Votre présence nous rendra plus forts dans ce combat légitime contre les purges iniques.

Merci de joindre votre voix à notre lutte.

Au plaisir de vous rencontrer dans la salle du tribunal.

Cordialement,

Les familles de  Nuriye Gülmen et Semih Özakça



Comité pour la levée de l'état d'urgence en Turquie

Contact: 0486 846 170









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